Quelques seconds rôles…
Les seconds couteaux ont souvent eu une grande importance dans l’histoire du cinéma. Ces personnages secondaires, s’ils sont bien utilisés et si l’acteur ou l’actrice délivre une prestation inoubliable, parviennent souvent à éclipser le héros, voire dans certains cas à remonter le niveau général du film de leur seule précense. La liste ici dressée est naturellement non exhaustive, sans ordre particulier. Juste des coups de coeur… Et pas forcément avec des acteurs abonnés aux seconds rôles…
Maria Papas (Hadassah dans O Jerusalem)

Le personnage qui m’a donné envie d’écrire cet article. Je n’avais plus été aussi bouleversé par la mort d’un personnage féminin depuis Starship Troopers et Dizzi Flores (totalement hors concours, je ne vais même pas en parler ici, j’aurais l’impression de refaire mon article sur Dina Meyer
). Deux personnages de guerrières, tiens, tiens… Deux femmes qui ont jeté leur dévolu sur un homme, un et un seul. Comme le dit un personnage du film “Hadassah, on ne la choisit pas, c’est elle qui te choisit…”. Et qui a bien compris que malheureusement le conflit entre juif et arabe devra se régler l’arme au poing. Une victime de plus dans cette guerre stupide, qui donne l’impression d’avoir commencé il y a des millénaires… Maria Papas y est tout simplement sublime.
Geoffrey Rush (Sir Francis Walsingham dans Elizabeth)

Si j’avais déjà vu cet acteur à maintes occasions, il m’a tout simplement bluffé dans la peau de l’âme damnée de la reine Elizabeth. Le film en soi est juste sympathique, mais le simple fait de penser à la prestation de l’acteur me donne envie de le revoir illico presto. Il est bien aidé par le personnage en soi, cet être limite démoniaque, qui sait tout, qui anticipe tout et qui fera tout ce qui est en son pouvoir pour protéger sa reine. J’étais impatient de le retrouver dans L’âge d’or, mais on y retrouve un Francis Walsingham vieilli, faillible. Ce qui est tout à fait logique, mais quel dommage d’avoir sensiblement diminué son aura machiavélique…
Bill Paxton (Zachary Cody dans L’ultime souper)

Sacré Bill… Même après avoir vu une trentaine de ses films, il parvient encore à me surprendre! Il joue ici un camionneur, bien empreint de la mentalité du Sud, et ancien soldat qui a fait la première guerre en Irak. Il se retrouve invité par une bande d’amis, tous universitaires et qui vont tomber de haut en voyant ce concentré de racisme primaire et de républicain décérébré. Bill Paxton est absolument savoureux dans ce numéro de haute voltige, toujours à cheval entre caricature et premier degré. On rit et on frémit à la fois qu’un tel personnage puisse exister (et il doit probablement en exister des comme ça…). Monsieur Paxton, merci pour ce grand moment…
Elpidia Carrillo (Rosa dans Bread and Roses)

Predator - Ken Loach, le grand écart!
Si l’ex-miss Venezuela (ou Colombie? Je confond tout le temps avec Maria Conchita Alonso…) sera à tout jamais Anna dans mon coeur, j’ai été bluffé par sa performance dans Bread and Roses, qui montre la révolte des techniciennes de surface étrangères, exploitées dans ce bon pays de l’oncle Sam. Si le film est assez léger et frais pour un Ken Loach, la scène de confession de la grande soeur qui a tout enduré pour que sa petite soeur réactionnaire puivre avoir une vie digne de ce nom est tout simplement poignante et qui démontre un grand talent d’actrice honteusement sous-exploité.
Ed Harris (Blair Sullivan dans Juste Cause)

Si je devais me faire mon petit top5 d’acteurs favoris sans réfléchir, ca donnerait ça: Jack Nicholson, Benicio Del Toro, Ray Liotta, Russel Crowe et donc, Ed Harris. Bizarrement son premier rôle qui m’a marqué ne dure pas très longtemps. C’est un peu le Hannibal Lecter de Juste Cause, il incarne un tueur en série qui détient des informations dont Sean Connery a besoin pour mener son enquête. Enchaîné comme un fauve, Blair Sullivan donne des frissons dans le dos. Ed Harris a un regard bleu acier très très impressionnant, mais dans Juste Cause, ca va bien au delà! Un vrai regard de Gorgone!!
Marilyn Monroe (Peggy Martin dans Les reines du music-hall)

Un des premiers rôles de la belle… Et je n’aurais qu’une chose à dire: elle crâme tout, tout sur son passage!! Un feu follet destructeur, un brasier incandescent, une bombe incendiaire qui laisse derrière elle une odeur de soufre et de napalm. Je ne sais plus trop de quoi le film parlait et il me semble qu’on ne voit Marilyn qu’au début et la fin, mais mes rétines ont gravés à jamais cette image de beauté irradiante. Incompréhensible qu’il ait fallu encore plus de quatre ans pour accéder au haut de l’affiche…
Dolph Lundgren (Le Prêcheur dans Johnny Mnemonic)

Evidemment, Dolph fait partie de cette catégorie d’acteurs qui a très peu de chance de gagner un jour un Oscar. Et si généralement il se révèle assez fade en héros, je le trouve assez bon dans la peau du bad guy. Surtout depuis que j’ai vu Johnny Mnemonic. Si Dina Meyer est déjà une raison suffisante de regarder le film, je dois avouer que chaque apparition du Prêcheur me donne un frisson de bonheur qui me parcourt l’échine. Totalement halluciné, ce personnage parcourt le film, tel un Jesus Christ bionique, sauf que ce Jésus-là n’est pas prêt de se laisser crucifier… Loin de là!!
Robert Shaw (Quint dans Les Dents de la Mer)

Un classique pour terminer cette première fournée, mais c’est tout de même LE second rôle par excellence. Quint à sa petite scène d’introduction bien marquante au début du film, lorsqu’il fait crisser ses ongles sur le tableau et expose la situation aux incrédules commerçants d’Amity. Et puis il disparaît pour revenir de plus belle et mener une chasse au monstre anthologique. Si Robert Shaw compose avec classe un pêcheur un peu (voire totalement) barge, le succès du personnage repose également sur André Valmy, la voix française qui est pour moi indissociable du personnage. J’ai bien essayé de le regarder en VO, c’est absolument impossible… “Au revoir et adieu, jolie fille madrilène… Au revoir et adieu, jolie fille d’ESPAGNE!!!!” “OK, trinquons à nos guibolles!!” “C’est une douche portative ou une cage à singes?” etc etc…
Soundwave